Témoin privilégié des bouleversements artistiques de la fin du XIXe siècle, Victor Roux-Champion a pour condisciples à l’Académie Julian et à l’Ecole des Beaux-Arts des peintres qui, devenus célèbres, lui gardent leur amitié : Henri Matisse, Georges Rouault, Albert Marquet. Champion-Roux oscille de l’impressionnisme au fauvisme, tenté parfois par les audaces des Nabis mais curieux de technique, il limite ses expériences et ne se fixe à aucun système. S’il commence par la peinture et pratique plus tard la céramique, c’est dans l’aquarelle et la gravure qu’il donne le meilleur de lui-même. Ses aquarelles, largement lavées, d’une exécution très libre, sont des notations justes et colorées dont la spontanéité et l’inachèvement même font le charme. Tout est dit malgré le petit format car l’artiste acquiert de la force en simplifiant ses moyens et n’exprime que l’essentiel avec des couleurs en aplats et un trait qui résume pour rendre plus intelligible.
