Œuvres en dépôt

Partenaire de nombreuses institutions culturelles, le Musée des Beaux-Arts de Pont-Aven reçoit chaque année des œuvres en dépôt temporairement. Voici la description de quelques unes d’entre elles :

Émile Bernard
Portrait de Madame Schuffenecker 
1888, huile sur toile, dépôt d’une collection particulière

L’artiste alsacien Claude-Émile Schuffenecker initie la première rencontre entre Bernard et Gauguin en juillet 1886 à Pont-Aven, point de départ du mouvement d’avant-garde de l’École éponyme. Émile Bernard a produit plusieurs portraits des membres de la famille Schuffenecker.

Positionnée de dos, le visage tourné vers l’arrière, l’attitude du personnage affiche une délicate féminité ainsi qu’une certaine réserve. Au verso de ce tableau se trouve l’inscription suivante : « A ma petite Georgette en souvenir de son enfance, Amédée Schuffenecker ».

Paul Sérusier
La Vierge à l’Enfant
vers 1914, huile sur toile, dépôt du Musée des Beaux-Arts de Lyon

Élève à l’Académie Julian, Sérusier séjourne en octobre 1888 à Pont-Aven où il fait la connaissance de Gauguin. Celui-ci l’initie à sa nouvelle esthétique lors de la célèbre « leçon au Bois d’amour ». A Paris, Sérusier fonde le groupe des Nabis – prophète en hébreu – entouré entre autres de Pierre Bonnard, Maurice Denis et Edouard Vuillard.

Sérusier s’inspire ici des « Saintes Mesures », série de formules mathématiques mises au point par le père Lenz, moine à Beuron, visant à dicter les bonnes proportions à employer pour la construction des œuvres religieuses. L’épuration de la composition passe par une réduction de la palette des couleurs et une géométrisation très poussée.

Otto Weber
Retour de l’église, Trémalo-Pont-Aven
vers 1863-1864, huile sur toile, dépôt du Musée des Beaux-Arts de Lille

Après des études dans l’atelier du peintre animalier Carl Steffeck à Berlin, puis chez Thomas Couture à Paris, Otto Weber séjourne en Bretagne au début des années 1860. La guerre avec la Prusse l’oblige à quitter la France pour l’Italie, puis Londres, où il travaille pour la reine Victoria.

Weber offre une vision romantique d’une scène de la vie quotidienne. Il s’agit de la plus ancienne représentation peinte connue de la chapelle de Trémalo.

Paul Sérusier
Petite Bretonne assise
1895, huile sur toile, dépôt du Musée d’Orsay, Paris

Cette œuvre, aussi nommée Portrait de Marie Francisaille, est un portrait d’une petite paysanne de Châteauneuf-du-Faou.

André Jolly
Le Four
1909, huile sur toile, dépôt du Musée de l’Ardenne, Charleville-Mézières

Né à Charleville, il commence sa carrière de peintre en autodidacte à Paris puis en Bretagne. En 1905, il séjourne à Pont-Aven, y rencontre Henry Moret qui l’initie aux théories de Gauguin puis il s’installe définitivement à Névez. Jolly peint des toiles entre impressionnisme et synthétisme.

Au début du siècle, chaque village possédait encore un four en commun à tous les habitants qui venaient y faire cuire le pain. Les femmes portent des tabliers de travail en droguet et la petite coiffe de tous les jours. Celle de droite porte le capot de travail. L’influence de Jourdan et de Moret est perceptible à travers la technique et les couleurs utilisées.

Paul Gauguin
Marine dédicacée à l’ami Moret
1888, huile sur toile, dépôt d’une collection particulière

Avec son ami Émile Bernard, Gauguin invente un art nouveau : le Synthétisme. Sous l’influence de l’estampe japonaise, Gauguin recherche l’essentiel du trait et le cerne noir prononcé.

Cette œuvre est peinte recto-verso, par souci d’économie. Au recto, sans doute inachevé, Gauguin a figuré un sabotier dont les caractéristiques essentielles (cernes de contour et aplats de couleurs) sont issues du cloisonnisme. Le verso représente une marine que l’artiste a dédicacé à son ami Henry Moret : les deux hommes se sont rencontrés par l’intermédiaire de René Jean Kerluen, garde-pêche et logeur de Moret, chez qui Gauguin venait pratiquer l’escrime.

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