Le Musée de Pont-Aven :
l’expérience du mécénat depuis 2003.

Mécénat Bretagne

Est une association d’entreprises bretonnes fondée suite à la loi sur le mécénat du 1er août 2003. Elle a pour objet la promotion et l’animation d’opérations de mécénat d’entreprises. Elle est née de la volonté de promouvoir et sauvegarder le patrimoine artistique et culturel propre à la région Bretagne.

Sa première initiative a été de solliciter des donateurs et recueillir leurs dons pour l’achat destiné au Musée de Pont-Aven d’un pastel de Paul Gauguin, « Deux têtes de Bretonnes » passé en vente publique à Brest en 2003.
Les œuvres de Gauguin sont difficilement accessibles, étant donné leur cote, pour les musées régionaux. C’est pourquoi Mécénat Bretagne s’est mobilisé afin que le pastel, resté pendant presque 110 ans dans la famille de l’artiste, soit conservé dans le lieu où il a été créé. L’association a ouvert une souscription publique à laquelle plus de 200 contributeurs ont répondu. La mobilisation a porté ses fruits : lors de la vente publique du 21 décembre 2003, l’État a fait valoir son droit de préemption sur l’œuvre, se substituant ainsi au dernier enchérisseur. Le pastel a été adjugé au prix de 480 000 € (frais compris).

Les "Deux têtes de Bretonnes" de Paul Gauguin

Avec son ami Émile Bernard, Gauguin invente un art nouveau, le Synthétisme. Sous l’influence de l’estampe japonaise, ces artistes recherchent l’essentiel du trait par le cerne noir prononcé et la couleur.

Ce pastel de Gauguin montre deux Bretonnes en coiffe de Pont-Aven : l’une est de face, les yeux fermés, plongée dans son rêve, l’autre de profil gauche, le regard hors champ. Selon la dominante symboliste du temps, on y a vu « le rêve et la réalité ». Le cloisonnisme est souple, le trait du fusain nuancé, la couleur délicate. La matière poudreuse du pastel bleu met en valeur la finesse du tracé. Tout se passe comme si les deux visages de femmes exprimaient l’adieu de Gauguin à la Bretagne.

Cette œuvre a été dédicacée en juillet 1894 « à l’ami Maufra – à l’artiste d’avant-garde – Aïta aramoe » alors que Gauguin loge à la pension Gloanec pour son cinquième et dernier séjour en Bretagne. L’expression polynésienne signifie « pas oublié ». Maufra et Gauguin se fréquentent à Paris depuis septembre 1893 ; ce dernier rend visite à Maufra dans son atelier du Bateau-Lavoir et lui déclare : « Je comprends que vous défendiez mon art, Maufra, nous suivons une route différente, la vôtre est bonne, continuez la ». A la fin d’avril 1894, ils se retrouvent au Pouldu, puis en juillet à Pont-Aven.

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