MUSÉE DE PONT-AVEN : CHANTIER 2012-2015

Le projet du nouveau Musée de Pont-Aven se concrétise étape par étape depuis 2008 :

- Validation du Projet Scientifique et Culturel, rédigé par le Conservateur, Estelle Guille des Buttes-Fresneau, ayant pour vocation de faire le bilan de l’existant et de présenter les perspectives pour le futur musée

- Choix de la réhabilitation de l’ancienne annexe de l’hôtel Julia, actuel Hôtel de Ville : ce bâtiment, très imposant sur la place principale, constitue un lieu historique où résidaient les peintres venant à Pont-Aven à partir de la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Il bénéficiera d’une revalorisation devenue aujourd’hui nécessaire.

- Validation de l’Étude de programmation, conduite par le cabinet Pro-développement, ayant pour objectif d’élaborer les phasages du projet et son estimation budgétaire.

Les nouveaux espaces du musée seront doublés et offriront des services plus étendus aux visiteurs :

- Des salles d’expositions temporaire et permanente agrandies avec une muséographie de qualité,
- Une salle pédagogique destinée aux animations pour les enfants,
- Un centre de documentation modernisé et étoffé,
- Une salle de conférence et de réception,
- Une librairie-boutique,
- Un point café et détente,
- Un jardin inspiré d’une œuvre de Charles Filiger
- Des réserves aux normes de conservation internationales, etc.

Les labels « Tourisme et handicap » et « Jardin remarquable » sont sollicités pour l’ouverture du nouveau musée.

L’Atelier de l’Ile est le cabinet d’architecture lauréat du concours parmi 83 candidats internationaux. Le projet retenu à l’unanimité par les membres du jury de sélection constitue une réponse à la fois réaliste, originale, esthétique et fonctionnelle liée aux impératifs du site.

Le projet d’architecture

Lieu de mémoire et de réappropriation de l’histoire des peintres de l’école de Pont-Aven, le musée, dans sa configuration actuelle, est trop petit et manque de visibilité.

Aussi, pour le nouveau musée, le projet architectural retenu répond aux enjeux suivants :

- clarifier son positionnement dans l’espace urbain
- l’ouvrir au maximum au public local
- l’établir comme un véritable moteur économique et touristique du territoire de Concarneau Cornouaille Agglomération (Concarneau, Elliant, Melgven, Névez, Pont-Aven, Rosporden, Saint-Yvi, Trégunc, Tourc’h).

En concertation avec le Maître d’ouvrage, les axes prioritaires du travail des architectes sont :

- le traitement de l’entrée principale et son interaction avec l’aménagement de l’espace public aux alentours
- l’administration générale des fonctions du musée
- la conception du parcours muséographique de la collection permanente

L’organisation générale du nouveau musée privilégie la clarté et la lisibilité des différentes fonctions du bâtiment afin de faciliter la déambulation des visiteurs.

L’entrée du musée depuis la rue est rendue lisible par un accès large et ouvert sur la place qui se développe largement sous la salle Julia qui, elle, devient une salle de prestige. Le hall d’accueil met en scène un jeu de transparences et de reflets qui invite le visiteur à pénétrer dans le musée.

L’extension contemporaine se fera sur cour

Un bâtiment en retour d’aile sur cour, adossé au mitoyen ouest, est créé. Un jeu de niveaux garantit des hauteurs de présentation importante tout en gardant des jonctions de plain-pied avec l’ancien bâtiment. Une vaste circulation verticale vitrée, ouverte et lumineuse est créée, favorisant ainsi une dynamique importante au cœur du projet. Cet aménagement constitue un véritable point d’appel des publics vers les espaces muséographiques. L’architecture du nouveau bâtiment est simple et minimaliste pour être au service des collections et de l’architecture existante. Un vocabulaire de lames de bois verticales enveloppe l’extension et se prolonge en toiture en assurant la protection et le filtrage de la verrière ainsi qu’une qualité de lumière naturelle zénithale pour les salles de présentation des expositions.

Le rez-de-chaussée bas donne accès aux espaces exonérés de droits : le pôle accueil, la boutique-librairie, les expositions-dossiers, le centre de documentation ; et aux espaces sous douanes : les salles d’expositions temporaires et permanente, l’escalier, les services administratifs, l’espace de détente, l’atelier pédagogique et la zone technique.

Une répartition claire des fonctions du musée et une grande lisibilité du parcours muséographique :

Les deux niveaux supérieurs regroupent les salles du musée. Ces espaces constituent le cœur et l’âme du projet. Les architectes ont affirmé leur volonté d’une présentation sur un même niveau avec un circuit en boucle accessible à tous en adéquation avec le programme muséographique. Ainsi, le premier étage accueille les expositions temporaires et le deuxième étage accueille les espaces de la collection permanente. Les espaces sont conçus afin de créer une fluidité de circulation et permettre l’arrêt de plusieurs personnes et de groupes devant des œuvres importantes sans perturber les visites individuelles. Les files porteuses sont conservées et homogénéisées de façon à permettre des enfilades claires au niveau des façades tout en conservant la partition serrée évoquant les chambres d’hôtel. Les cimaises contemporaines, décollées du sol et du plafond, se glissent entre les murs anciens, révélant une faille centrale qui permet des vues filantes au travers de vitrines.

La muséographie

Afin d’assumer certaines lacunes du parcours que connaît actuellement le musée, des dispositifs audiovisuels simples et efficaces sont prévus. La part belle est faite aux images et aux discours à l’attention des publics divers. Leur intégration est discrète, toujours liée au contenu. Ils seront simples et adapté à tous les types de publics, notamment les handicapés, personnes âgées et enfants.

Le Jardin « Filiger »

La cour intérieure du musée est traitée en jardin penté et constitue à la fois une continuité du vaste espace d’accueil du rez-de-chaussée, et un espace de représentation vivant, visible de l’accueil comme des étages. C’est une sorte de jardin « coup d’œil » qui renvoie dans ses lignes souples et le choix des végétaux représentatifs des paysages bretons (bruyères colorées, ajoncs, graminées…) aux lieux qui ont inspiré les peintres présentés dans le musée. La composition du jardin évoque le paysage de l’artiste Charles Filiger conservé au musée : « Paysage rocheux, Le Pouldu ».

Mentions légales | |